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Requalification basée sur les risques

Recartographie et requalification des congélateurs et réfrigérateurs
Paul Daniel, Senior Expert en conformité réglementaire
Paul Daniel
Senior Expert en conformité réglementaire
Published: févr. 26, 2020
Sciences de la vie

4 questions auxquelles votre analyse des risques doit répondre

Notre expert supérieur en réglementation Paul Daniel est heureux de répondre à vos questions par e-mail. Le blog de cette semaine est issu d'un échange d'e-mails entre Paul et un directeur général de validation d'une entreprise biopharmaceutique.

C écrit : Bonjour Paul,

Cela fait environ 26 ans que j'effectue des validations, et j'ai quelques questions sur la requalification du matériel et l'établissement de politiques associées à cette procédure. Actuellement, je suis en train de revoir les procédures de mon entreprise concernant la revue périodique et la requalification. Je trouve qu'il y a beaucoup de documents à revoir sur la requalification des unités de stockage/zones/chambres de stabilité sujettes à un contrôle de température, etc.

Dans mon ancienne entreprise, nous procédions une fois par an à la cartographie qui, comme vous le savez, peut être une procédure longue et onéreuse. Je veux absolument passer à une approche fondée sur les risques pour notre procédure de qualification, mais j'ai besoin d'une certaine clarté pour les évaluer. À première vue, chaque unité et zone sujettes au contrôle de la température semblent critiques, ce qui explique la nécessité de renouveler la qualification une fois par an.  Toutefois, dans le cadre de ma recherche concernant des analyses fondées sur les risques pour procéder à la cartographie, cela ne semble pas être toujours le cas. 

Nous disposons d'un système de surveillance continue avec des appareils étalonnés une fois par an.  Je suis en train de revoir toutes les validations initiales afin de vérifier que tous les tests ont bien été effectués ; cela me semble être une première étape acceptable. Ma question est la suivante : quelles sont les étapes suivantes d'une approche fondée sur les risques pour effectuer la requalification ?

Et surtout, quelles sont les questions à poser dans le cadre de l'évaluation des risques ? 

Je crois que nous pouvons consulter un historique des tendances, les écarts, la fréquence et la durée des alarmes déclenchés par le système de surveillance continue. Je pensais aussi revoir la maintenance préventive des unités afin de vérifier la fiabilité de certaines choses comme les moteurs et les joints de portes. Je veux vraiment avoir une analyse solide des risques à présenter aux audits ou lors des inspections.

Pouvez-vous faire des recommandations ? 

Cordialement,
C

Paul : Cher C,
 
Je suis heureux de vous aider. Les évaluations des risques sont un outil important. Dans certaines circonstances, elles peuvent même sauver des ressources.

Dans le cas où vous ne l'auriez pas vu, nous avons un webinaire sur le sujet : Évaluation des risques dans les environnements GxP

Le plus important critère à respecter dans les évaluations des risques sont les règles du calcul qui doivent être transparentes et claires.

L'objectif d'une analyse des risques est d'obtenir suffisamment de clarté, de manière à ce quiconque effectuant ultérieurement une analyse des risques pour la même application puisse tirer les mêmes conclusions. Le simple fait d'avoir fait une évaluation réfléchie des risques au premier abord , fera bonne impression auprès d'un vérificateur ou d'un auditeur – car ce sont des informations importantes sur votre ou vos zone(s) sous surveillance.

Pour commencer, il est important de créer des règles de calcul. Par exemple, quelle est la principale fonction de l'environnement ? Sert-il à conserver un produit onéreux ou des réactifs de laboratoire remplaçables ? Il faut également tenir compte des spécifications de l'environnement (c'est-à-dire : chambres de stabilité) ? Ou s'agit-il d'un paramètre critique à considérer séparément (c'est-à-dire : congélateurs ultra-basse température, jusqu'à -80 °C) ?

Trois points centraux pour le calcul des risques : 
• Qu'est-ce qui est conservé ?
• Quelles sont les spécifications ?
• Quel est l'historique de la cartographie affectée à la zone ? 

En ce qui concerne l'historique de la cartographie, j'aimerais me reporter à un ensemble de connaissances sur les intervalles d'étalonnage. Par le passé, j'ai constaté qu'il existe un manque de connaissances surprenant à ce sujet dans l'industrie pharmaceutique. Néanmoins, il n'est pas nécessaire de tout réétalonner une fois par an, uniquement parce que le fabricant le recommande.  Si l'appareil fonctionne correctement, sans dépasser la précision spécifiée à chaque étalonnage, ceci peut constituer un argument dans l'analyse des risques pour rallonger l'intervalle d'étalonnage. 

Nous pouvons appliquer la même logique aux chambres – si la cartographie est correcte et donne toujours de bons résultats, la durée entre les requalifications peut probablement être rallongée.   La note d'application : « Étalonnage et réglage des instruments d’humidité – avantages et inconvénients des différentes méthodes» mentionne ce fait en page 1, troisième colonne, deuxième paragraphe.

Catégorisation des applications en vue de l'évaluation des risques

  1. Qu'est-ce qui est conservé dans la chambre ? Par exemple, les produits sont-ils onéreux ou bon marché ? Ou encore, est-ce que le produit constitue un risque élevé pour le patient s'il est altéré, ou un risque bas ?
  2. Est-ce que les spécifications sont difficiles à remplir ? Comme une chambre de stabilité ±2 °C et ± 2 % HR  ou un congélateur à ultra-basse température avec un NMT -60 °C.
  3. Est-ce qu'un écart des conditions ou une panne d'équipement serait immédiatement évident et détectable ? 
  4. Quel est l'historique connu, documenté concernant la zone ou l'unité, fondé sur des études de cartographie antérieures ?


 
Dans l'historique des tendances d'une unité, vous avez mentionné des enregistrements concernant le système de surveillance. L'historique des tendances est une source d'informations précieuse – comme nous le voyons dans cas de client. Toutefois, ceci peut être similaire à la cartographie d'un point individuel pendant l'ouverture et la fermeture de l'unité…  Vous devez répéter cette analyse afin de justifier la cartographie ou l'absence de cartographie.  C'est une bonne idée d'établir des règles.
N'hésitez pas à me recontacter si vous avez d'autres questions !

Cordialement,
Paul Daniel

C écrit : Merci Paul. Nous avons un autre défi à relever…

Nous avons chiffré un plan de revue périodique pour nos salles équipées d'un système de surveillance de la température, mais nous essayons actuellement de déterminer si la requalification de la température devrait avoir lieu sur une durée de 24 heures ou de 72 heures (les premières études portaient sur une durée de 72 heures).

Par ailleurs, devrions-nous procéder à la cartographie dans des conditions statiques ou dynamiques ?  Nous penchons pour une étude sur 24 heures effectuée dans une chambre pleine car nous disposons déjà d'une étude sur 72 heures dans une chambre vide et des conditions de charge statiques/dynamiques.  Nous avons uniquement besoin d'une simple vérification pour être certains que tout fonctionne de manière adéquate.  J'ai cherché les avantages et les inconvénients sur Internet. Il existe de nombreuses informations sur la qualification initiale (dans tous les aspects de la qualification/validation) mais peu d'informations sur la réalisation de la requalification/revalidation.  Nous avons cherché des instructions auprès de l'OMS, de la FDA, de l'UE etc. mais n'avons pratiquement rien trouvé. C'est pourquoi, je m'adresse à vous dans l'espoir que vous pourrez nous apporter un certain soutien.


Cordialement,
C

Paul écrit : Cher C,

Votre recherche fait écho à la mienne.  Toutefois, je peux vous recommander une source d'informations, à savoir le ISPE’s Good Practice Guide for Mapping of Controlled temperature Chambers (Guide de bonnes pratiques de la ISPE sur la cartographie des chambres sous contrôle de la température). 

Pour résumer les parties pertinentes de ce guide, nous devrions refaire la cartographie tous les 1 à 5 ans. Nous déterminons l'intervalle en fonction de l'historique et de la criticité de l'application.

Nous documentons nos résultats et utilisons les informations pour établir une évaluation des risques. Le guide recommande aussi l'approche proposée ; cartographie dans un milieu chargé avec des capteurs placés aux mêmes endroits. La requalification des zones chargées peut permettre d'économiser beaucoup de temps et d'effort !  Votre approche judicieuse, surtout s'il n'existe aucun historique des dysfonctionnements ou des réparations de l'unité. 

 

Webinaire : Cartographie environnementale - Protocoles de cartographie de la temperature

Ce webinaire explique les notions fondamentales nécessaires à la création et à la revue de protocoles de validation effectués dans le cadre d'études de cartographie environnementale. Il vous permettra de comprendre les données spécifiques inclues dans une étude de cartographie environnementale approfondie et prête pour l'audit.

Ce webinaire s'adresse à ceux qui rédigent, écrivent et configurent les études de cartographie.

Pour de plus amples informations sur la réalisation d'une étude de cartographie, veuillez consulter notre guide :

« Conseils et bonnes pratiques de dépannage pour la validation et la cartographie »

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